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Se maintenir dans son activité professionnelle dans le public

Mis à jour le 26/08/2025

Maintenir son activité professionnelle dans le public

Après un arrêt maladie, revenir au travail peut sembler difficile. Fatigue, appréhension, nouvelles conditions de travail… Ces obstacles sont réels. Heureusement, plusieurs dispositifs existent pour vous aider à vous maintenir dans votre activité professionnelle dans le public tout en tenant compte de votre état de santé.

Le temps partiel thérapeutique : un outil clé pour maintenir son activité professionnelle dans le public

Reprendre le travail après un arrêt maladie peut être éprouvant. La fatigue, les traitements ou la crainte de ne pas “tenir” un temps plein freinent souvent la reprise.
Le temps partiel thérapeutique est justement conçu pour répondre à cette situation : il vous permet de reprendre vos missions progressivement, avec un temps de travail réduit, tout en maintenant l’intégralité de votre rémunération.

Quand demander un temps partiel thérapeutique pour maintenir son activité professionnelle dans le public ?

Ce dispositif est accordé lorsque :

  • il facilite votre retour à l’emploi et favorise l’amélioration de votre santé,

  • il permet une rééducation ou une réadaptation professionnelle (par exemple, tester un nouveau rythme ou un nouveau type de tâches),

  • votre état de santé le justifie, même sans arrêt de travail préalable.

Autrement dit, les agents en longue maladie ne sont pas les seuls à utiliser le temps partiel thérapeutique : ils peuvent aussi le demander de manière préventive pour éviter une rechute ou une aggravation.

Concrètement, comment ça se passe ?

Vous pouvez travailler à :

  • 50 %,

  • 60 %,

  • 70 %,

  • 80 %,

  • ou 90 % d’un temps plein.

La répartition est définie avec le médecin et l’administration :

  • soit des journées entières libérées (ex. : ne pas travailler le mercredi),

  • soit des demi-journées,

  • soit une réduction quotidienne du temps de travail (ex. : finir plus tôt chaque jour).

L’autorisation est donnée pour 1 à 3 mois, renouvelable, dans la limite d’un an.

Quels avantages pour l’agent ?

  • Vous gardez 100 % de votre salaire (traitement indiciaire, primes, indemnités).

  • Vous conservez vos droits à congés et RTT, comme tout agent à temps partiel.

  • Vous bénéficiez d’un cadre légal qui protège votre emploi et votre santé.

Exemples d’agents qui se maintiennent dans leur activité grâce au temps partiel

Exemple 1 : Sophie, secrétaire en mairie, reprend à 60 % après une opération. Elle travaille quatre matinées par semaine. Cela lui permet de reprendre un rythme progressif et de garder son salaire intégral.

Exemple 2 : Karim, agent territorial, souffre d’une maladie chronique. Il organise son temps à 80 % en libérant son vendredi pour ses séances de rééducation.

Exemple 3 : Claire, enseignante, choisit une réduction quotidienne de son temps de travail (5 heures de cours au lieu de 7 par jour). Elle reste présente chaque jour mais dans un rythme plus soutenable.

Aménager son poste pour mieux maintenir son activité professionnelle dans le public

Le temps partiel thérapeutique ne suffit pas toujours. Dans certains cas, les conditions de travail exigent une adaptation pour permettre à l’agent de poursuivre son activité sans mettre sa santé en danger. Dans la fonction publique, vous avez le droit de demander un aménagement de poste, en lien avec votre médecin du travail (fonction publique hospitalière) ou médecin de prévention (fonction publique d’État et territoriale).

Quels types d’aménagements sont possibles ?

Les aménagements sont personnalisés et tiennent compte à la fois de votre pathologie, de votre métier et de vos missions. Ils peuvent concerner :

  • Les horaires de travail :

    • décaler le début de journée pour éviter la fatigue liée aux transports,

    • prévoir une pause supplémentaire dans la journée,

    • alléger certaines plages horaires (ex. : terminer plus tôt).

  • Le matériel de travail :

    • fauteuil ergonomique pour soulager le dos,

    • clavier ou souris adaptés en cas de douleurs articulaires,

    • repose-pieds ou écran ajustable pour limiter les tensions.

  • L’organisation des tâches :

    • réattribuer les missions les plus physiques ou contraignantes,

    • prévoir une rotation des activités,

    • donner la priorité aux tâches nécessitant plus de concentration aux moments de la journée où vous êtes le plus en forme.

Pourquoi la RQTH aide à maintenir son activité professionnelle dans le public ?

La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) peut être un vrai levier. Elle ne change pas votre statut de fonctionnaire, mais elle ouvre des droits :

  • votre employeur peut obtenir des financements via le FIPH-FP (Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique),

  • vous bénéficiez de l’appui de conseillers spécialisés (Cap Emploi, ergonomes),

  • votre employeur est encouragé à mettre en place des solutions concrètes rapidement.

Autrement dit, la RQTH facilite la mise en œuvre d’adaptations concrètes, sans que le coût ne soit un frein pour votre administration.

La cellule de Prévention de la Désinsertion Professionnelle (PDP)

Lorsqu’un agent rencontre des difficultés de santé qui compromettent sa capacité à exercer ses missions, il existe un risque de désinsertion professionnelle : perte progressive de lien avec le travail, longues absences, ou impossibilité de reprendre son poste.
Pour éviter cette situation, la cellule PDP accompagne les agents publics en coordonnant des solutions adaptées.

Qui compose la cellule PDP pour aider à

maintenir son activité professionnelle dans le public ?

La cellule de Prévention de la Désinsertion Professionnelle réunit plusieurs acteurs complémentaires :

  • Le service médical : le médecin conseil évalue votre capacité à reprendre une activité et échange avec votre médecin traitant ou médecin du travail.

  • Le service social : un assistant de service social propose un accompagnement individuel (soutien, aides financières, orientation) et collectif (groupes de parole).

  • Les services administratifs : ils assurent le versement des indemnités journalières, le remboursement des soins et mobilisent les financements disponibles.

  • Le service de prévention des risques professionnels : il analyse votre poste et propose des solutions pour limiter les contraintes ou dangers liés à votre métier.

La cellule travaille aussi avec des partenaires extérieurs comme la MDPH, Pôle emploi, Cap emploi ou les services de réadaptation professionnelle.

Quelles sont les missions de la cellule PDP ?

L’objectif est clair : permettre à l’agent de se maintenir dans son activité professionnelle dans le public malgré ses problèmes de santé.
Pour cela, la cellule PDP :

  1. Détecte et évalue le risque de désinsertion professionnelle (difficultés de reprise, absences répétées, restrictions médicales).

  2. Propose des solutions adaptées : aménagement de poste, reclassement, formation, bilan de compétences.

  3. Coordonne les acteurs : médecin traitant, administration, employeur, organismes spécialisés.

  4. Suit l’agent dans la durée pour s’assurer que la reprise est réussie.

Quels dispositifs peuvent être mis en place ?

En fonction de la situation, la cellule PDP peut activer :

  • un temps partiel thérapeutique,

  • un aménagement de poste,

  • une formation ou un bilan de compétences pour envisager une réorientation,

  • un reclassement dans un autre emploi adapté à l’état de santé.

Le reclassement en cas d’inaptitude

Malgré les aménagements possibles (temps partiel, horaires adaptés, matériel ergonomique), il arrive que l’état de santé d’un agent ne lui permette plus d’occuper son poste. Dans ce cas, la solution est le reclassement professionnel.
Ce dispositif vise à trouver un emploi compatible avec vos capacités tout en vous permettant de rester dans la fonction publique.

Quand parle-t-on d’inaptitude ?

On parle d’inaptitude lorsque :

  • votre médecin de prévention ou le conseil médical conclut que vous ne pouvez plus exercer vos fonctions actuelles,

  • L’administration ne parvient pas à adapter votre poste malgré les aménagements proposés.
  • Les médecins jugent votre état de santé incompatible avec les missions de votre grade.

Exemple : Claire, ATSEM (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles), ne peut plus assurer les tâches physiques liées à la garde d’enfants malgré un aménagement. Le médecin conclut à son inaptitude pour ce poste.

Les étapes du reclassement pour maintenir son activité professionnelle dans le public

  1. Évaluation médicale : le médecin du travail ou le conseil médical rend un avis d’inaptitude.

  2. Recherche de solutions : votre administration est tenue de vous proposer un poste adapté à vos capacités.

  3. Période de préparation au reclassement (PPR) : depuis 2022, vous pouvez bénéficier d’une période durant laquelle :

    • vous restez en position d’activité,

    • vous continuez à percevoir votre salaire habituel,

    • vous testez ou vous formez à un nouvel emploi.

  4. Proposition d’un poste : si un poste adapté est disponible, il vous est proposé. Si vous refusez, d’autres solutions doivent être étudiées.

Quelles évolutions depuis 2022 ?

La réforme du 22 avril 2022 a renforcé vos droits en cas de reclassement :

  • possibilité de reclassement entre les trois versants de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière), ce qui élargit les opportunités dans votre bassin de vie ;

  • maintien du salaire pendant la période de préparation au reclassement ;

  • l’administration peut engager la procédure même sans demande de l’agent, si elle constate son inaptitude (avec recours possible devant la commission administrative).

En partenariat avec UCB