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Retraite dans le privé : conditions, calculs et droits

Mis à jour le 21/01/2025

Lorsque vous souffrez d’une affection de longue durée (ALD), les périodes liées à cette condition ne contribuent pas directement au calcul de votre retraite. Cependant, vous pouvez compter certaines périodes d’arrêt maladie ou d’invalidité comme des trimestres assimilés. On vous explique ce qui influence vos droits à la retraite. Ce guide détaille ces règles pour vous aider à mieux comprendre votre retraite dans le secteur privé.

Les conditions pour partir à la retraite dans le privé

Dès que vous atteignez l’âge légal minimal de départ à la retraite, fixé à 64 ans pour les assurés nés à partir de 1968 (avec une augmentation progressive pour les générations antérieures), vous pouvez demander votre retraite à tout moment.

Pour obtenir une retraite complète au taux plein (50 %), vous devez avoir cotisé un nombre suffisant de trimestres selon votre année de naissance. Si vous partez avant d’avoir validé ce nombre, une décote définitive réduira votre pension.

À partir d’un certain âge, généralement entre 65 et 67 ans selon votre année de naissance et votre situation personnelle, vous bénéficiez automatiquement du calcul de votre retraite au taux plein, même si vous n’avez pas validé suffisamment de trimestres.

Comment calculer sa pension de retraite dans le privé ?

Le montant de votre pension (pour une carrière au régime général uniquement) dépend de trois éléments principaux :

1. Le revenu annuel moyen (RAM)

Le RAM correspond à la moyenne des 25 meilleures années de votre carrière, en tenant compte des salaires bruts soumis à cotisation (plafonnés au plafond de la Sécurité sociale).

2. Le taux de liquidation pour la retraite dans le privée

Vous bénéficiez d’un taux plein fixé à 50 % lorsque vous atteignez l’âge ou le nombre de trimestres requis pour la retraite. En revanche, si vous ne remplissez pas ces conditions, le taux est réduit par une décote. Cette réduction s’élève à 1,25 % par trimestre manquant, avec un taux minimum garanti de 37,5 %.

3. La durée d’assurance et les périodes assimilées

Votre durée d’assurance inclut vos trimestres cotisés et certaines périodes assimilées (arrêts maladie, maternité, invalidité, chômage indemnisé, service militaire, etc.). Pour les assurés nés à partir de 1973, 172 trimestres sont requis pour le taux plein.

Le taux plein automatique pour la retraite dans le privé

Les assurés nés après 1955 obtiennent automatiquement le taux plein à partir de 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres cotisés. Certaines catégories bénéficient toutefois du taux plein avant cet âge :

  • Les personnes inaptes au travail ou handicapées (incapacité permanente d’au moins 50 %).
  • Les titulaires d’une pension d’invalidité.
  • Les mères de famille ouvrières ou anciens combattants.

La retraite anticipée pour incapacité permanente ou pénibilité dans le privé

Les assurés atteints d’une incapacité permanente suite à une maladie professionnelle ou un accident du travail peuvent partir à la retraite dès 60 ans avec un taux plein, sans condition de durée d’assurance. Les conditions varient selon le taux d’incapacité :

  • Taux d’incapacité ≥ 20 % : l’assuré peut percevoir une rente pour accident du travail ou maladie professionnelle.
  • Taux d’incapacité entre 10 % et 20 % : l’assuré peut demander la retraite anticipée après 17 ans d’exposition à des facteurs de risques professionnels (validée dans tous les régimes de base français et les pays de l’Union européenne).

L’exposition aux risques professionnels permet également de cumuler des points sur le compte professionnel de prévention (C2P), utilisables pour un départ anticipé ou d’autres actions de compensation.

En savoir plus sur les départs anticipés pour handicap

La retraite pour inaptitude au travail dans le privé

Vous pouvez partir à la retraite pour inaptitude dès l’âge légal de 62 ans, même après la réforme des retraites de 2023. Cette retraite est calculée au taux plein (50 %) et ne peut pas descendre en dessous d’un montant minimum garanti, à condition que vous ayez cotisé au moins 120 trimestres.

Le point de départ de cette retraite suit les règles habituelles et prend effet, au plus tôt, le 1er jour du mois qui suit la reconnaissance de votre inaptitude.

Comment est évaluée l’inaptitude au travail ?

Le médecin-conseil de votre régime de retraite (régime général, MSA, etc.) évalue votre inaptitude en se basant sur l’emploi que vous occupez au moment de la demande ou sur le dernier emploi exercé dans les 5 années précédant la demande.

Qui bénéficie automatiquement du statut d’inaptitude à 62 ans ?

Certaines catégories d’assurés sont reconnues inaptes au travail dès 62 ans, sans nécessiter de contrôle médical :

  • Les invalides avant l’âge légal de départ à la retraite.
  • Les titulaires de pension de vieillesse de veuve ou de veuf.
  • Les bénéficiaires de l’allocation spéciale vieillesse pour inaptitude.
  • Les titulaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH).
  • Les titulaires de la carte mobilité inclusion (CMI) avec mention invalidité, attestant d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 %.
  • Les fonctionnaires ayant bénéficié d’une pension d’invalidité.

Comprendre les pensions avec décote pour les retraites privées

Les assurés qui demandent la liquidation de leur pension sans avoir validé le nombre de trimestres nécessaires subissent une décote. Le taux de minoration est de 1,25 % par trimestre manquant pour les assurés nés à partir de 1953, avec un taux minimum de 37,5 %. Cette décote s’applique définitivement au moment de la liquidation de la pension.

Il est important de commencer les démarches à l’avance, car elles peuvent prendre plusieurs mois.

Pour vous accompagner, les Caisses nationales d’assurance vieillesse (Cnav), la Mutualité sociale agricole (MSA) et la Sécurité sociale des indépendants proposent le service en ligne gratuit “Mes démarches retraite”.

Quels sont les montants minimums de retraite dans le privé ?

· L’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA)

L’ASPA offre une aide mensuelle aux retraités vivant en France avec de faibles ressources. Cette prestation différentielle ajuste son montant en fonction des ressources et de la situation familiale de chaque bénéficiaire. La caisse de retraite de l’assuré verse directement cette aide.

Au 1er janvier 2024, son montant maximal est de 1 012,02 € par mois pour une personne seule, soit 12 144,24 € par an. Et, il est de 1 571,16 € par mois pour un couple, soit 18 853,92 € par an. Pour être éligible, les ressources annuelles ne doivent pas dépasser 12 144,27 € pour une personne seule et 18 854,02 € pour un couple.

· Le minimum contributif

Le minimum contributif garantit aux assurés du régime général, ayant cotisé sur des salaires faibles, de percevoir un montant minimum de retraite de base. Lorsque le montant de la retraite de base reste inférieur à ce seuil, il est complété jusqu’à atteindre le minimum contributif. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, ce montant s’élève à 876,13 € brut par mois, soit 10 513,61 € brut par an. Pour bénéficier de ce dispositif, le total des pensions de retraite (de base et complémentaires) ne doit pas excéder 1 367,51 € par mois.

· L’Allocation Supplémentaire d’Invalidité (ASI)

Il s’agit d’une aide financière destinée aux personnes en situation de handicap ou d’invalidité permanente. Accordée sous réserve de respecter certaines conditions : ressources limitées, résidence en France, et, être âgées de moins de 62 ans. Cette aide garantit un revenu minimum aux bénéficiaires, complétant ainsi leurs ressources. Le montant maximal de l’ASI est de 899,56 € par mois pour une personne seule. À partir de 62 ans, l’ASI est remplacée par l’ASPA.

Ces dispositifs visent à garantir un revenu minimum pour les retraités les plus vulnérables, tout en prenant en compte les situations particulières de handicap ou de faibles cotisations. Pour plus de détails, il est recommandé de consulter les informations sur le site officiel de la Sécurité sociale.

À savoir : La liquidation de la retraite met fin à la prise en charge de la Prévoyance. À partir de la date de votre retraite, l’organisme de Prévoyance n’a plus d’obligation envers vous.

 

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